Il était une fois, dans un pays non lointain, une jeune adolescente : Naïveta qui errait par ci par là.
Elle était gaie, souriante, pleine de vie. Le poids des ans ne pesait aucunement sur elle. Elle était légère comme l’air, pas encore très aguerrie par les problèmes du quotidien. Elle profitait des petits plaisirs de l’existence : une fleur, un oiseau, un rayon de soleil. Tout était bien et satisfaisant en cette journée ordinaire. Rien ne présageait d’ombre à ce beau tableau.
Et pourtant, un jour, comme on tombe sur un pépin dans une orange, elle fit malheureusement une mauvaise rencontre. Un serpent se présenta à elle. L’affreuse bête se mit à tourner autour d’elle. On aurait dit que malgré sa laideur, elle se permettait de faire du charme. Ce qui interloqua Naïveta. Elle prit en considération l’animal. L’attitude du serpent lui piqua au vif sa curiosité. Après tout, il était beaucoup plus petit qu’elle et ne devait pas représenter un grand danger. Il semblait faire les yeux doux. Elle le toucha prudemment en premier lieu. Et, il lui sembla sympathique. Donc, elle décida d’adopter ce serpent et le baptisa : Nico.
Au début, c’était comme une belle amitié qui naissait. Il lui tenait compagnie et elle ne s’ennuyait pas avec lui. Elle lui donnait des baisers, des caresses, respirait son odeur qu’elle adorait. Bien qu’elle ne le trouvait toujours pas très beau, elle s’accoutumait de son physique désagréable. Elle constata avec surprise que d’autres adolescents avaient des serpents de toutes sortes : boas, pythons, vipères et même anacondas. Donc, tout cela ne l’avisa pas d’un quelconque danger.
Mais ce qui devait arriver, arriva. Nico, aux airs d’anges, qu’on aurait pu croire inoffensif fit découvrir son autre face. Il lui administra son venin par une morsure inattendue. Et, le cercle vicieux s’installa. Fort bizarrement, étrangement pour elle, depuis ce jour, elle ne pouvait plus se passer de Nico. Son poison avait eu un goût subtil, enivrant, qui lui avait fait éprouver un vif plaisir.
Et le temps de la vie fila à toute allure.
Mais, un beau jour, elle se mit à culpabiliser, à se dire que cette dépendance était malsaine. Après réflexion, elle voulait mettre un terme à sa relation. Cette bête prenait une place trop encombrante dans sa vie. Plus mature de part les années passées, elle comprenait que cette histoire devait prendre fin. Comment allait-elle faire pour se défaire de cette mauvaise épine dans le pied ? Vouloir, c’est pouvoir songea t’elle. A cœur vaillant, rien d’impossible ! Elle prit Nico et le mit à la porte de chez elle. Quelques heures plus tard il lui manquait si fort qu’elle partit le rechercher. Puis, presque de suite, elle regrettait. Elle pesait dans la balance de ses pensées le bien et le mal de la situation. Non, elle ne voulait plus de ce Nico dans sa vie. Elle alla donc l’abandonner encore plus loin, bien décidée à forcer le destin. Leurs chemins devaient se séparés. Quelques semaines après, elle succomba de nouveau à la tentation d’aller le retrouver. Il lui manquait de nouveau si fort, si ardemment. Elle sait pertinemment que ces retrouvailles ne sont que de la poudre aux yeux. Elle se décida alors : « j’irai le trouver quand les poules auront des dents, on n’a rien sans rien ! Je suis prête à lutter et ne plus céder. Je veux définitivement tourner la page ! »
Mais, c’est alors que de son côté le serpent venimeux sortit de sa léthargie. Rusé comme il était, il se faufila à travers les plaines, les monts pour retrouver Naïveta.Il réussit à pénétrer chez elle et s’enroula petit à petit, silencieusement autour de la pauvre jeune femme qui rêvassait alors. Elle sortit brusquement de ses pensées et commença à siffler. Elle siffla doucement, longtemps un air agréable, hypnotisant, presque magique. Le serpent fût charmé.
Elle avait beaucoup réfléchi à cette histoire et avait prévu ce moment. La déduction était venue qu’il fallait apprivoiser cet animal. Comme cela, il n’avait plus de pouvoir sur elle. Elle avait donc réussi à ne plus être dépendante de lui.
Avec la patience, la douceur, le plaisir : ingrédients du charme qui avait si bien opéré, elle fût libérée.
Le serpent

2 réponses à « Le serpent »
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Magnifique histoire , un roman serait super , je le devorerai.
Bravo , quel talent !!J’aimeAimé par 1 personne
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Merci beaucoup 😘
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